Adoptée le 19 novembre 2024, la loi dite « Le Meur » a profondément changé les règles de la location meublée de tourisme. Ses effets se font pleinement sentir en 2026. Voici, en clair, ce que cela change pour vous si vous louez votre bien sur Airbnb, Booking ou Abritel en Provence.
1. Un numéro d'enregistrement obligatoire partout en France
Depuis le 20 mai 2026, tout meublé de tourisme doit être déclaré sur un téléservice national unique, qu'il s'agisse d'une résidence principale ou secondaire, et quelle que soit la commune. Chaque logement reçoit un numéro qui doit figurer sur toutes ses annonces. Avant, cette obligation dépendait de la commune ; elle est désormais générale.
En pratique, un logement sans numéro ne peut plus être publié normalement sur les plateformes.
2. Une fiscalité moins avantageuse pour les meublés non classés
C'est le changement le plus sensible pour votre rentabilité. Depuis les revenus 2025, déclarés en 2026, le régime micro-BIC a été revu :
| Type de meublé | Avant la loi | Depuis la loi Le Meur |
|---|---|---|
| Meublé de tourisme non classé | Abattement de 50 %, plafond 77 700 € | Abattement de 30 %, plafond 15 000 € |
| Meublé de tourisme classé | Abattement de 71 %, plafond 188 700 € | Abattement de 50 %, plafond 77 700 € |
Autrement dit, faire classer son meublé (de une à cinq étoiles) redevient un vrai levier fiscal. Au-delà des plafonds, ou si vous avez beaucoup de charges, le régime réel peut être plus intéressant : parlez-en à votre expert-comptable.
3. Résidence principale : 120 nuits, parfois 90
Une résidence principale peut toujours être louée en courte durée dans la limite de 120 nuits par an. La loi permet cependant aux maires d'abaisser ce plafond à 90 nuits dans certaines zones. C'est le cas de Marseille, par exemple. Renseignez-vous auprès de votre commune.
4. Le DPE entre en jeu
Les meublés de tourisme sont progressivement soumis aux mêmes exigences énergétiques que la location classique. Dans les communes qui appliquent le changement d'usage, une demande d'autorisation doit désormais s'accompagner d'un DPE classé entre A et E. À terme, en 2034, tous les meublés de tourisme devront être classés entre A et D. Le maire peut aussi demander votre DPE à tout moment.
5. Plus de pouvoir pour les copropriétés
Dans un immeuble, l'assemblée générale peut désormais voter l'interdiction des meublés de tourisme à la majorité des deux tiers, sous certaines conditions, alors que l'unanimité était exigée auparavant. Si votre bien est en copropriété, surveillez les ordres du jour des assemblées générales.
6. Plus d'outils pour les communes
Les maires disposent de nouveaux moyens pour encadrer la location courte durée : quotas, zones réservées à l'habitation, changement d'usage étendu à davantage de communes. Dans la Métropole Aix-Marseille-Provence, plusieurs villes ont déjà durci leurs règles, comme Marseille ou Cassis.
Ce que nous vous conseillons
- Enregistrez votre logement sur le téléservice national si ce n'est pas déjà fait, et affichez le numéro sur toutes vos annonces.
- Étudiez le classement de votre meublé : le gain fiscal peut être important.
- Vérifiez votre DPE et anticipez d'éventuels travaux.
- Renseignez-vous sur les règles propres à votre commune, et à votre copropriété si vous êtes en immeuble.
Chez Maison d'Eden, nous faisons ce point avec chaque propriétaire avant la mise en ligne. Demandez votre estimation gratuite : nous vous dirons aussi ce qui s'applique à votre bien.
Cet article a une vocation d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal. Les règles peuvent évoluer et varier selon les communes ; pour votre situation personnelle, rapprochez-vous de votre mairie, d'un notaire ou d'un expert-comptable.
Source officielle : guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme (ministère).

